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De la chaussure

Anne-Gaëlle Blanc

JAN. 30, 2021

On a préféré prendre quelqu’un qui venait de la chaussure ...


Voici la réponse que j’ai eue à l’issue de mon 3e entretien (plus que 2 candidat(e)s en lice) pour un poste de Responsable Régionale, dans une enseigne italienne de chaussures qui respirent, il y a une dizaine d’années quand je travaillais dans le retail.


Cette réponse je l’ai eue deux fois dans la même société pour le même poste à 4 ans d’intervalle. Les deux fois, j’étais pourtant dans la tranche d’âge qui va bien (comprendre 28/35 ans). J’aurais certainement pu être encore meilleure lors des ultimes entretiens, même si mes compétences n’ont pas été remises en cause lors du verdict mais l’expérience dans la chaussure me manquait depuis le départ.


On demande souvent aux candidats, aux collaborateurs en général de sortir de leur zone de confort ou du moins de l’élargir, de prendre de la hauteur. Qu’en est-il du côté de l’entreprise qui recrute ?


A chaque période de crise, on tente de minimiser les risques au maximum lors des recrutements, on ne parvient pas à sortir du cadre ou du moins à l’élargir… Alors on remplit cinq pages de critères pour une définition de poste et on attend que le candidat qui coche toutes les cases frappe à notre porte ou l'on va chasser le candidat qui n’en est pas un et qui n’a rien demandé en laissant sur le côté, celui qui cochait certes moins de cases mais ne demandait qu’à faire ses preuves !


Bien sûr, certains savoirs ou savoir-faire sont indispensables pour certaines fonctions, mais pour le reste – secteur, expérience, profil, … - ne peut-on pas élargir le scope et admettre que certaines compétences sont largement transférables ou assimilables ?


Je reste convaincue qu’une personne avec un œil neuf (autre secteur, autre métier) a plus de chance d’être innovante ou d’apporter des idées nouvelles qu’une personne suivant le même produit depuis des années.

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